Les arguments pour agir · Chapitre 13 / 15

Comparaisons internationales

Les estimations présentées ici concordent avec la littérature internationale émergente sur le fardeau économique des préjudices facilités par les plateformes chez les enfants et les jeunes — et sont même prudentes à plusieurs égards. L’étude la plus comparable sur le plan méthodologique est une analyse réalisée en 2023 par Sense Partners pour Netsafe66, qui estimait le coût social de la seule cyberintimidation en Nouvelle-Zélande à 1,07 milliard de dollars néo-zélandais par année — en hausse par rapport à 444 millions en 2018 —, à l’aide d’un cadre de réduction des préjudices qui saisit les coûts pour les personnes, la collectivité et les interventions publiques, tous âges confondus.

La population de la Nouvelle-Zélande est d’environ 5,4 millions d’habitants; mise à l’échelle proportionnellement à la population canadienne de 41,4 millions, la donnée néo-zélandaise portant sur la seule cyberintimidation suppose un fardeau annuel de l’ordre d’environ 6,8 milliards de dollars canadiens, avant tout ajustement propre aux jeunes — ce qui dépasse largement l’estimation multicatégorielle totale présentée ici.

Pour le Royaume-Uni, Giles et coll. (2024)67 ont estimé le fardeau économique sur la durée de vie attribuable aux délinquants sexuels contre les enfants agissant exclusivement en ligne entre 59,6 millions et 1,4 milliard de livres, selon que les infractions non détectées sont incluses ou non, plus de 75 % des coûts étant assumés par les victimes sous forme de pertes de bien-être non financières — un constat cohérent avec le traitement, dans le présent document, des préjudices fondés sur les AVAQ comme composante de coût dominante dans la plupart des catégories.

Il n’existe aucune estimation nationale multicatégorielle équivalente pour les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie ou l’Union européenne. Chacune de ces administrations a légiféré ou réglementé sur la base de la prévalence documentée des préjudices plutôt que d’un coût économique chiffré. Le présent document est donc unique — et prudent — dans l’approche ascendante que nous avons employée pour tenter d’établir au moins un ordre de grandeur général des préjudices en cause.

Références et notes 2
  1. Sense Partners (2023). Cyberbullying in New Zealand: $1b cost in 2023. Rapport remis à Netsafe. 9 septembre 2023. Coût social annuel estimé de la cyberintimidation : 1 071 millions de dollars néo-zélandais (2023), en hausse par rapport à 444 millions en 2018; couvre tous les âges et la cyberintimidation seulement. Conversion à raison de 1 NZD = 0,8211 CAD (Banque du Canada, juin 2026); mise à l’échelle selon la population (41,4 M/5,4 M). Populations exactes utilisées dans le calcul : Canada, 41 417 056 (Statistique Canada, 1er avril 2026), et Nouvelle-Zélande, 5 357 300 (Stats NZ, 30 juin 2026). Consulté en septembre 2026.
  2. Giles, S., Alison, L., Humann, M., Tejeiro, R. et Rhodes, H. (2024). « Estimating the economic burden attributable to online only child sexual abuse offenders: implications for police strategy ». Frontiers in Psychology, vol. 14, article 1285132. Publié le 4 janvier 2024. Estimations du coût sur la durée de vie : 7,4 millions de livres (cas déclarés à la police), 59,6 millions de livres (incluant les délinquants non détectés), 1,4 milliard de livres (prévalence nationale); plus de 75 % des coûts sont des pertes de bien-être non financières assumées par les victimes.